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Son rôle dans «Layali Elbidh» l'a révélé au grand public. Beaucoup
d'entre nous surtous ceux qui nont pas vu son one man show Wahed
Minna étions surpris par ses capacités. Doué et talentueux, son
interprétation du rôle Farouk fut des plus convaincantes. Quand on le
voit jouer, que ce soit au théâtre ou à la télé, on a l'impression que
ses rôles lui sont taillés sur mesure.
Pour Jâafer Guesmi, être acteur n'est pas juste une passion, c'est un engagement. Faire rire les gens est un moyen parmi tant d'autres pour exprimer ses inquiétudes voire sa souffrance ou ses blessures. Derrière cet humoriste et comédien de talent se cache une personne consciente et décidée à mettre l'art au service de ses idées et de ses convictions. De ses origines, notre invité a hérité la bonté et l'éloquence des gens du sud. Il a gardé en lui une certaine innocence ou naïveté qui l'a beaucoup rapproché de Farouk le personnage de « Layali Elbidh ». Après une enfance passée dans son village natal, Oum Ettamr, dans le gouvernorat de Medenine, son père a décidé de partir s'installer à la capitale et plus précisément à la banlieue nord de Tunis. C'est là que Jâafer Guesmi a vu pour la première fois la plage. Les débuts étaient très difficiles pour cet enfant qui se sentait seul et dépaysé dans un environnement totalement différent de celui auquel il était habitué. Il était passé de la sécheresse du sud tunisien à la douceur et au confort de la banlieue nord. Il fut donc obligé de s'intégrer et de se faire de nouveaux amis. Issu d'une famille modeste, Jâafer a dû s'adapter à un nouveau mode de vie, une nouvelle mentalité et à une différence sociale parfois gênante. Même son parler et son accent lui avaient valu quelques moqueries de la part de ses camarades. Petit à petit, notre invité a commencé à développer ou plutôt à cultiver son humour et son sens de la dérision et c'était sa façon de se protéger. L'humour, une façon de saffirmer La différence faisait la richesse de notre invité, mais malheureusement alors qu'il était en troisième année secondaire, il a dû déménager avec sa famille à Mhamedia où son père s'est acheté une maison. Ce déménagement l'a beaucoup perturbé et ses résultats scolaires s'en sont ressentis. Il a dû abandonner pour une seconde fois ses amis et les repères qu'il s'est fait à la Marsa. Jâafer a eu une adolescence difficile et après avoir passé le bac à trois reprises sans succès, il a dû donc quitter le lycée et faire de petits boulots. Il a fait de l'animation dans les hôtels et ce qu'il aimait le plus c'était s'adonner à son activité préférée, faire le clown dans les espaces privés ou dans des clubs pour enfants. C'est ainsi que notre invité a développé ce personnage qui, selon lui, sommeillait en lui. Bien qu'il appréciât ce qu'il faisait, le baccalauréat était un défi pour notre invité, il a donc décidé de passer le concours en candidat libre, sans en parler à personne même pas à ses parents. A son grand bonheur, il fut admis à ce concours et cette nouvelle suscita une grande surprise au sein de sa famille et surtout chez ses parents. Après quelques mois passés à la faculté de droit de Sfax, Jâafer plia bagages pour la capitale et avec le soutien de son père, il présenta un dossier de réorientation vers l'institut supérieur de théâtre en fournissant les documents selon lesquels il aurait une expérience dans ce domaine et qu'il a déjà une idée sur le 4ème art puisqu'il faisait partie du club de théâtre au lycée et de la troupe du théâtre amateur de Mhamedia. Enfin, il a pu concrétiser son rêve de faire de cet art une profession et développer son talent par des connaissances théoriques qui lui ont permis aujourd'hui de gagner en crédibilité et en confiance devant son public. Il fait désormais partie de ces hommes de théâtre cultivés et qui en plus de la pratique du théâtre ont un il critique. Alors qu'il était étudiant, il a participé à plusieurs projets de fin d'année, ce qui lui a permis d'avoir une formation solide. En 1999, alors qu'il était encore étudiant, il fut promu au prix du meilleur acteur au festival du théâtre expérimental du Caire. Jâafer se sentait tellement dans son élément à l'institut qu'il y passait le plus clair de son temps et il y a même vécu pendant trois ans. L'institut de Théâtre fut pour lui le berceau de sa vocation. Une carrière riche et variée Pour la plupart d'entre nous, Jâafer Guesmi fut une révélation dans le rôle de Farouk, mais pour les téléspectateurs les plus avertis et les hommes de théâtre, c'est un acteur qui, malgré son jeune âge, a su s'imposer que ce soit au théâtre ou à la télévision. Même si au cinéma, il n'a pas encore fait ses preuves et n'a pas encore interprété de rôle principal à la télé, il a su se démarquer. Jâafer déclare d'ailleurs à ce propos qu'il n'y a pas un grand rôle ou un petit, mais il y a un grand comédien. Et pour pouvoir durer dans un domaine aussi difficile, il faut croire en soi et en ce qu'on fait. Son meilleur conseiller et critique c'est sa femme, qu'il a connue lors d'une représentation alors qu'il était à la faculté. A la télé, notre invité a participé à plusieurs feuilletons tels que «Khadhra wal Kanz», Rayhana», «Ikhwa Wezman» «Awled lyoum» Ikamet Jalloul «Hayet Wa amani» «Sms Likol Ennas». Bien que sa passion pour le théâtre soit sans égal, Jâafer considère qu'un acteur est obligé de travailler à la télé pour pouvoir survivre et acquérir une certaine notoriété auprès du public. Il a même dû faire des concessions et accepter de jouer des rôles dont il n'était pas entièrement convaincu. Aujourd'hui, il est devenu plus exigent et plus sélectif dans le choix de ses rôles. Son dernier one man show, «Wahed Minna», soulève plusieurs problèmes, dont les préjugés dont sont victimes les jeunes maghrébins à l'étranger et en particulier les Tunisiens. Sa participation au festival international du monodrame à Foujaïra aux Emirates Arabes Unies a connu un grand succès et son one man show fut choisi pour participer à la prochaine session du festival international du monodrame qui se tiendra en Suisse. Pour cette nouvelle année 2008, Jâafer n'a aucun nouveau projet théâtral, à part celui de continuer les représentations de «Wahed Minna », par contre, il compte adapter ce one man show au cinéma, ce projet est encore en gestation, mais il compte bien le concrétiser le plus tôt possible. Son rêve serait d'interpréter Richard III au théâtre, de participer à un important feuilleton historique, et jouer dans un film comique au cinéma. Amel Ltaïef Pages vues: 227
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