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Dorra Zarrouk
09-11-2007

Dorra Zarouk « Je refuse les scènes osées par principe »             

« Certaines pseudo actrices ont nuie à la réputation des tunisiennes en  Egypte »  

« Je passe par l’étape la plus importante de ma carrière »

« J’ai le coeur libre et je ne suis pas venu en Egypte à la recherche de l’amour »
Brune au regard mystérieux, Dorra Zarrouk fait partie de la nouvelle génération d’actrices tunisiennes belles à voir et agréables à suivre.
Mais avant de s’imposer comme l’une des plus talentueuse artistes de sa génération, la petite fille de feu Ali Zouaoui, ancien gouverneur de la banque centrale et ex-président de l’Espérance de Tunis, a d’abord réussi ses études jusqu’à l’obtention d’un DEA en sciences politiques (sur les réfugiés palestiniens du Liban) de l’université Saint-Joseph de Beyrouth, en attendant le doctorat (une thèse l’attend à Grenoble)
Sur le plan artistique, cette adepte de la danse moderne s’est aussi formée dès le départ sur de bases solides à travers des stages de formation et de perfectionnement d’acteur de haute facture.
A l’instar de sa collègue Hind Sabri, qui a comme elle, de l’ambition à en revendre, Dorra a, elle aussi, choisi de s’installer en Egypte pour donner un nouvel élan international à sa carrière déjà très riche.
A 28 ans, celle qui a connu sa première grande expérience arabe à travers le feuilleton syrien « Farès Bani Marwan »avant de jouer dans le très médiatisé clip de Khadhem Essaher « Nay » et d’enchaîner avec le film « Hia Faoudha » du grand  Youssef Chahine, connaît désormais son heure de gloire en Egypte, avec la sortie simultanée de deux films auxquels elle a participé. TuniVISIONS l’a rencontrée exclusivement pour vous.
* TuniVISIONS : Avec deux nouveaux films à l’affiche parmi les meilleurs distribués dans les salles égyptiennes dans la période de l’Aïd, on peut dire, sans risque de se tromper, que vous commencez à atteindre, en Egypte, la dimension qui convient à votre énorme potentiel ?
- Dorra Zarrouk : C’est vrai, je suis en train de traverser une étape très importante de ma carrière. Les deux films, « Al aoula fil garam » avec Hani Salama, Mena Chalabi et « Al hob kida » avec Hamada Hilal, connaissent un grand succès. Ils ont même été choisis parmi les meilleurs nouveaux films commercialisés durant la période de l’Aïd en Egypte. Je  commence à cultiver les fruits d’une année de sacrifices et de travail harassant loin de mon pays. En voyant mes affiches dans les rues du Caire et en répondant aux sollicitations de plus en plus nombreuses des médias, je me rends compte que ma vie en Egypte est en train de changer.
* T V : Malgré le succès auprès du public et de la majorité des critiques, certains ont insisté sur le fait que vous n’avez pas maîtrisé parfaitement l’accent de la fille typique égyptienne ?
- D Z : Les deux rôles que je joue dans les films qui sont actuellement à l’affiche sont totalement différents. L’un d’eux est celui d’une fille bourgeoise et l’autre, beaucoup plus compliqué, est celui d’une égyptienne  issue d’un milieu populaire. Dès le départ, je savais que cela n’allait pas être facile. J’ai passé des mois à m’initier au dialecte égyptien pour être crédible. En tant qu’actrice, je pense que j’ai convaincu et que j’ai convenablement illustré le rôle de la fille du pays, même si j’accepte toutes les critiques et en particulier celles qui disent qu’il me faut beaucoup plus de temps pour maîtriser parfaitement le dialecte égyptien.
* T V : Ces quelques critiques son plutôt tendres et n’ont rien à voir avec les polémiques suscitées par la participation d’acteurs syriens  à des fictions ou des films égyptiens ?
* D Z : Dieu merci, les Egyptiens sont fiers du fait que leur pays est un pays d’ouverture et qu’il demeure le « Hollywood de l’Orient ». Donc forcement, il ne peut être que le pôle d’attraction de tous les artistes arabes.
* T V : En s’imposant, les jeunes actrices tunisiennes, syriennes et libanaises ont-elles changé le paysage artistique égyptien ?
* D Z : Notre présence est un phénomène d’enrichissement pour les réalisateurs en quête de nouvelles actrices de qualité. On a apporté un sang nouveau. D’un autre côté, la concurrence améliore certainement le niveau, même si la fréquence du travail artistique dans ce pays fait qu’il y a de la place pour tout le monde.
* T V : On sent une certaine préférence des réalisateurs égyptiens pour les actrices tunisiennes. L’audace de nos compatriotes et la réussite de Hind Sabri sont-elles pour quelque chose ?
* D Z : Hind est le vrai bon exemple. Elle a ouvert la voie de la réussite aux vraies actrices tunisiennes talentueuses. Il ne faut pas cacher que certaines de nos compatriotes pseudo actrices ont nui à la réputation des Tunisiennes en acceptant des rôles audacieux basés sur des scènes osées que toutes les actrices égyptiennes refusaient. Mais maintenant, je pense que les données sont en train de changer et qu’on est en train de s’imposer par la qualité de nos artistes cultivées et douées. Je suis fière de participer à l’éradication des préjugées selon lesquels on ne fait appel aux Tunisiennes que pour les rôles osés.
D’un autre côté, si les réalisateurs égyptiens préfèrent les Tunisiennes aux Libanaises, c’est qu’ils sentent qu’on est plus profondes, plus cultivées et moins exigeantes .Ils trouvent aussi qu’on est plus proche des Egyptiennes.
*T V : Sincèrement si vous aviez été sollicitée à votre arrivée en Egypte pour jouer le rôle de Hind Sabri dans le film « Moudhakarat Mourahika », est-ce que vous auriez accepté de le faire ?
* D Z : Pour être franche, j’aurais décliné cette offre. Par principe, je refuse les scènes osées quelles que soient leurs importances dans le scénario. Je pense au futur, au jour où je ne trouverais aucun prétexte pour justifier ce choix devant mon mari et mes enfants.
* T V : Même en Tunisie, vous avez refusé certaines offres parce que vous n’avez pas été convaincue par certains scénarios et certaines scènes ?
* D Z : Bien que les opportunités n’aient jamais manqué, j’ai toujours préféré la qualité.
* T V : Cette étape égyptienne était pour vous aussi un rêve d’enfance ou bien simplement une obligation pour évoluer dans votre carrière quand vous avez senti que vous ne pouvez plus progresser en Tunisie ?
* D Z : Je suis ambitieuse de nature et à une certaine époque j’ai senti que je suis en train de suffoquer et de perdre beaucoup de temps parce que je ne suis pas en train d’exploiter tout mon potentiel. Les opportunités de qualité manquent en Tunisie. On n’a pas d’industrie ou de tradition de productions artistiques. Il fallait donc que je trouve de nouveaux horizons.
* T V : C’est ainsi donc que vous avez choisi de vous exiler en Egypte ?
* D Z : Au départ, je ne pensais pas m’installer d’une façon continue à l’étranger. Je suis très attachée à mon pays et à ma famille et je me retrouve dans mon environnement. D’ailleurs, j’ai fait énormément d’aller-retour entre le Caire et Tunis depuis que j’ai choisi de travailler en Egypte.
Une année auparavant, quand j’ai décidé de chercher de nouveaux horizons pour ma carrière, je me suis dit qu’il fallait que je teste mes capacités à m’intégrer dans l’environnement où j’allais évoluer.
* T V : La fin tragique de Dhikra Mohamed et certains préjugés sur les actrices tunisiennes n’ont pas été des facteurs qui vous ont fait peur de l’exil ?
* D Z : D’abord, ce n’était pas la première fois que je vis à l’étranger. Auparavant, j’ai vécu à Beyrouth pour étudier. Après avoir obtenu l’aval de mes parents, j’ai décidé de venir en Egypte pour donner à ma carrière l’élan que je n’ai pas trouvé à Tunis. Au Caire, je garde toujours la tête sur les épaules. Je considère que j’ai une forte personnalité et que je sais me protéger dans toutes les circonstances. Que ce soit à Tunis, au Caire ou à n’importe quel endroit du monde, l’important c’est de connaître ses limites et de savoir choisir ses fréquentations.
En plus, les Egyptiens sont aimables, gentils et accueillants et il fait toujours bon vivre dans ce pays chaleureux. Donc, il n’y avait pas de quoi s’inquiéter parce que ce qui est arrivé à Dhikra au Caire est un crime qui aurait pu se passer dans n’importe quel pays. C’est le destin qui a voulu que sa fin soit aussi tragique et c’est la faute d’un mari dont les fréquentations étaient douteuses.
* T V : Maintenant votre décision semble prise. Vous allez vous installer d’une façon définitive en Egypte ?
* D Z : Mes engagements professionnels feront que dans la prochaine étape, je passerais beaucoup plus de temps en Egypte. Ici, la production cinématographique est beaucoup plus évoluée. Les opportunités sont plus nombreuses. En une année, un acteur peut jouer dans deux ou trois films, alors qu’en Tunisie, il faut attendre deux à trois ans pour avoir une bonne occasion.
Malheureusement, les moyens handicapent le cinéma tunisien même s’il s’agit d’un cinéma de qualité.
* T V : Alors que vous semblez très convaincu par le cinéma égyptien, certains critiques pensent qu’il s’agit d’un cinéma commercial en déclin ?
* D Z : Personne ne peut nié que le cinéma égyptien a passé par une mauvaise période ou qu’il y’a des productions à buts commerciales, mais une grande reprise a été amorcé depuis deux ans avec la diversification des sujets abordés. Les films d’actions ont fait par exemple, leur apparution. Je crois que la nouvelle génération de réalisateurs tel que Yosri Nassrallah sont pour beaucoup dans ce renouveau sans oublier bien sur les grands réalisateurs de renommé mondiale tel que Youssef Chahine.
D’un autre coté, en s’ouvrant sur les meilleurs réalisateurs et acteurs arabes les producteurs égyptiens ont assuré un saut qualitatif à leurs films.
* T V : En prenant la décision de quitter  la Tunisie, vous avez laissé la famille et un amour ?
* D Z :(Rires) Non, j’ai toujours le coeur libre. Je suis à la recherche de mon prince charmant.
* T V : Vous le trouverez peut-être en Egypte ?
* D Z : Non, je ne suis pas venu ici à la cherche de l’amour. Je suis là pour travailler et j’ai un plan d’évolution de ma carrière.
* T V : Le prochain grand rendez-vous sera la sorti, dans quelques semaines, du film « Hia Faoudha » du célèbre Youssef Chahine ?
* D Z : Bien qu’il s’agisse d’un petit rôle, c’est toujours un honneur de travailler avec ce réalisateur. Je pense l’avoir convaincu et j’espère que les opportunités se présenteront de nouveau pour travailler encore sous sa houlette.

                     Interview réalisée par : Imen Bahroun Ben M’Rad

 


       

 


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