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L'implantologie est une science qui a fait l'essentiel de ses progrès
au cours de la seconde moitié du 20 éme siècle. L'un des pionniers
dans ce domaine fût Per-ingvar Brànemark, un chirurgien orthopédiste
suédois qui après l'or, l'argent et la porcelaine eut l'idée géniale en
1952 d'utiliser le titane, un materiau particulièrement inerte sur le
plan biologique, comme implant dentaire.
Si Branemark permit de résoudre la difficile équation chimique de l'implant ( non-toxicité et ostéo-compatibilité du materiau ), André Schroeder parvient pour sa part à peaufiner la technique au cours des années 70, en mettant au point un traitement révolutionnaire de la surface du titane qui confère au métal une structure aussi proche que possible de l'os humain. Le concept de base ne devait plus changer, malgré les progrès régulièrement faits dans ce domaine.
Actuellement, le mot implant est sur toutes les lèvres à défaut d'être dans toutes "les bouches", et la technique a tellement progressé que demain sans doute, les prothèses dentaires totales appartiendront au passé.
L'implantologiste a pour mission de fournir au médecin dentiste une base de travail constituée par un ou plusieurs implants parfaitement solidaires de l'os maxillaire ou mandibulaire. Sur cette base, la prothèse dentaire sera réalisée. Le dentiste a le devoir de rétablir au patient la fonction masticatoire et l'esthétique de son visage. En effet, dans le secteur antérieur une dent vous manque et tout est dépeuplé.
La prothèse peut être réalisée uniquement sur l'implant et on parlera de prothèse implanto-portée, comme elle peut être réalisée à la fois sur l'implant et sur les dents restantes du patient et c'est une prothèse dento-implanto-portée .
A chaque fois que c'est possible, il faut séparer la prothèse réalisée sur implant de celle qui repose sur les dents naturelles, en effet si l'implant après ostéo-intégration ne bouge absolument pas, la dent naturelle est munie d'un ligament ( ligament alvéolo-dentaire ) qui lui permet de s'affaisser à chaque pression de quelques dixièmes de mm. Ce petit jeu risque de déstabiliser à long terme la prothèse.
Quels patients peut-on implanter?
Le procédé vise une large clientèle: les personnes d'un certain âge porteuses de prothèse, les jeunes gens victimes d'agénésie dentaire et tous ceux à qui manqueraient une ou plusieurs dents.
Les contre-indications sont peu nombreuses mais elles s'avèrent rédhibitoires : le patient doit impérativement avoir terminé sa croissance, disposer d'un
« socle » osseux suffisant et de qualité, et jouir d'un état de santé jugé satisfaisant.
Dans de nombreux cas, une correspondance avec le médecin traitant est indispensable avant d'entreprendre une thérapeutique implantaire. Les patients à risque sont à éliminer : les maladies osseuses, le cancer, le sida, les cardiopathies valvulaires, le rhumatisme articulaire aigu, l'insuffisance rénale. Par contre, le séropositif peut être implanté à condition d'avoir un taux de lymphocytes T4 > à 150 / mm3 et un taux d'antigène P24 négatif. Le diabétique est un cas particulier, en effet la décision doit être prise au cas par cas en collaboration avec le médecin traitant et en fonction de l'équilibre du diabète et des complications cardio-vasculaires et rénales. Il faut savoir également que les personnes très âgées et les grands fumeurs présentent des risques d'échec plus élevés que les autres candidats aux implants.
La prise en charge du patient
Elle se fait selon un calendrier très précis.
- La première phase : au cours de laquelle le médecin va pratiquer un examen clinique, radiologique et évaluer l'épaisseur et la hauteur d'os encore disponible ainsi que les éventuelles contre-indications de l'intervention. C'est le moment également où il se doit d'aborder la question de ses honoraires et où son patient serait bien inspiré de lui demander un devis écrit.
- La phase pré chirurgicale : souvent nécessaire, elle consiste à extraire les racines résiduelles, régulariser les crêtes osseuses, éliminer les crêtes flottantes, désinsérer les brides et les freins et assainir le parodonte du patient.
Le traitement thérapeutique pré-implantaire ( anti-hémorragique , anti-inflammatoire, anxiolytique, antibiotique ) n'est pas obligatoire mais préventif .
L'étude esthétique est très importante car il faut ,autant que possible, donner satisfaction au malade ( d'anciennes photos peuvent aider à cette reconstruction).
- La phase chirurgicale : le médecin incise la gencive, fore l'os, visse l'implant puis suture la plaie. La préparation du site osseux doit se faire sans échauffement avec une température maximale ne dépassant pas 47° C/min (daprès Eriksson) . Les instruments utilisés doivent avoir une exellente efficacité de coupe. Si l'os subit un forage intempestif, l'échec de l'opération est inévitable, par contre s'il est foré délicatement et sous aspersion de sérum physiologique, l'ostéo-intégration de l'implant, quelque soit son type et sa forme, est assurée.
L'opération dure en moyenne une Heure pour les cas simples et se fait sous anesthésie locale.
- La phase de contrôle post opératoire : elle dure 3 mois, s'il s'agit de la mâchoire inférieure, et 6 mois s'il s'agit de la mâchoire supérieure, et au cours de laquelle l'implant va se solidariser avec l'os.
- La phase prothétique : elle comporte la réalisation et la pose des prothèses.
Enfin, une période essentielle mais plus routinière commence alors : le patient doit se prendre lui-même en charge en s'assurant une hygiène buccale irréprochable et en consultant son dentiste au moins 2 fois par an , et c'est d'ailleurs la condition sine qua non du succès de l'opération.
Tout au long de ce traitement, le patient peut conserver une prothèse provisoire qui sera ajustée de façon à ne pas solliciter les implants pendant la phase critique, et elle permettra à son porteur de ne pas pâtir esthétiquement de l'intervention.
Un taux d'échec maîtrisé
Chez les patients « implantés » et ils sont des milliers à travers le monde, on estime toutes études confondues, à 5% le taux d'échec du procédé. Certains problèmes précoces sont imputables à des difficultés d'ostéo-intégration, d'autres plus tardifs, se révèlent lors de la reconstruction prothétique. Les échecs précoces sont dûs le plus souvent à une mauvaise appréciation des cas, voire à une erreur chirurgicale. Les échecs tardifs, eux, sont plus rares mais plus ennuyeux et sont dûs dans la plupart des cas à la flore bactérienne qui vient à provoquer une résorption de l'os et une dénudation de l'implant. Le praticien doit préparer son patient à un éventuel échec dans les consultations précédant l'acte implantaire. Il doit être capable le cas échéant d'y remédier, en allongeant le plan de traitement initial, ceci permettra d'éviter de nombreuses contestations ultérieures.
Dans bien des cas, la prothèse classique trouve toujours son indication et il faut savoir éviter d'implanter les patients à tout prix.
Un coût difficilement estimable
En effet, il dépend de plusieurs facteurs et surtout du nombre d'implants et de la qualité de la prothèse sus jacente.
Une opération sans douleur
La pose d'un ou de plusieurs implants au niveau de la cavité buccale se fait souvent sous anesthésie locale et hormis la douleur de l'injection anesthésiante, l'intervention est indolore. En fait, l'opération est moins douloureuse que la facture.
La philosophie des plans de traitement évolue et le praticien ne considère plus le nombre de dents à préparer afin de reconstituer une bouche, mais le nombre d'implants à mettre en place pour ne plus tailler les dents.
Le rêve d'un implant pouvant remplacer une racine perdue, longtemps chimérique, est maintenant devenu une réalité, révolutionnant la pratique de l'art dentaire.
Dr Masmoudi Raoudha
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